L’indice des prix à la consommation du Maroc a diminué de 1 % en juillet 2026 par rapport à juin, selon le Haut-Commissariat au Plan. Ce recul vient surtout des produits alimentaires et des carburants. Il ne signifie pourtant ni que tous les prix ont baissé, ni que chaque ménage a gagné exactement 1 % de pouvoir d’achat.
L’IPC mesure le coût moyen d’un panier représentatif. Il permet de suivre une tendance nationale, mais le panier réel d’une famille dépend de son revenu, de sa ville, de ses déplacements et de ses habitudes alimentaires.
Le chiffre principal et sa bonne période de comparaison
Le HCP compare d’abord juillet à juin 2026. Sur un mois, l’indice général baisse de 1 %. Les produits alimentaires reculent de 1,9 % et les produits non alimentaires de 0,3 %.
Cette lecture mensuelle décrit un mouvement court. Elle ne doit pas être confondue avec l’évolution sur douze mois. En juillet 2026, l’indice général se situe 0,6 % sous son niveau de juillet 2025. Les deux chiffres répondent donc à des questions différentes : ce qui a changé depuis le mois précédent et ce qui a changé depuis un an.
Les aliments qui ont le plus contribué au recul
Par rapport à juin, le HCP relève une baisse de 7,6 % pour les légumes, de 3,9 % pour les poissons et fruits de mer, de 3,7 % pour les fruits et de 1,2 % pour les viandes. Le lait, le fromage et les œufs diminuent de 0,3 %.
Quelques postes évoluent dans l’autre sens. Les eaux minérales, boissons rafraîchissantes et jus augmentent de 0,3 %, tandis que le café, le thé et le cacao progressent de 0,2 %. Une moyenne alimentaire négative peut donc coexister avec des hausses visibles dans certains rayons.
Le rôle des carburants
Dans le groupe non alimentaire, les carburants reculent de 4,9 % sur le mois. Cette variation contribue à la baisse de l’indice général, mais son effet concret varie fortement.
Un ménage qui utilise quotidiennement une voiture la ressent davantage qu’un foyer qui se déplace principalement à pied ou en transport collectif. À l’inverse, une baisse à la pompe ne réduit pas immédiatement et uniformément tous les coûts de transport intégrés aux biens et services.
Des évolutions différentes selon les villes
Le recul mensuel le plus marqué est mesuré à Marrakech, à 1,7 %, puis à Safi, à 1,4 %, et à Guelmim, à 1,3 %. Tanger enregistre une baisse de 1,1 %. Casablanca, Rabat et Meknès se situent à 1 %.
Les diminutions sont plus modérées à Agadir, Settat et Béni Mellal, à 0,9 %, puis à Fès et Oujda, à 0,8 %. Le HCP publie aussi des variations pour Tétouan, Al Hoceima, Dakhla et Errachidia. Ces écarts ne forment pas un classement permanent du coût de la vie : ils décrivent le mouvement d’un panier local entre deux mois.
Ce que dit l’évolution sur un an
Entre juillet 2025 et juillet 2026, les produits alimentaires diminuent de 3,7 %, tandis que les produits non alimentaires augmentent de 1,9 %. Au sein du non-alimentaire, les évolutions vont de -0,2 % pour la communication à +4,1 % pour le transport.
Cette composition explique pourquoi un indice général en baisse peut ne pas correspondre au ressenti d’un ménage. Un foyer consacrant une part importante de son budget au transport, au logement ou à un service en hausse possède un panier différent de la moyenne statistique.
L’inflation sous-jacente apporte une autre lecture
Le HCP calcule aussi un indicateur d’inflation sous-jacente, qui exclut les produits à prix volatils et ceux dont les tarifs sont publics. Cet indicateur recule de 0,1 % sur un mois et de 0,1 % sur un an en juillet.
Il sert à observer une tendance moins influencée par un choc ponctuel sur les légumes ou les carburants. Il ne remplace pas l’IPC général : les ménages paient bien les produits volatils, même lorsqu’ils sont retirés de cet outil d’analyse.
Pourquoi l’IPC ne mesure pas directement le pouvoir d’achat
Le pouvoir d’achat dépend à la fois des prix et des revenus disponibles. Une baisse moyenne des prix ne garantit aucune amélioration si le revenu d’un foyer diminue, si une dépense imprévue apparaît ou si ses postes essentiels évoluent plus vite que l’indice.
L’IPC ne mesure pas non plus le niveau absolu des prix, la qualité des produits, les écarts entre commerces ni le coût précis d’un mode de vie individuel. Il mesure une variation moyenne construite avec une méthodologie publique.
Comment utiliser ces chiffres au quotidien
- Comparer les mêmes périodes : mois sur mois ou année sur année.
- Regarder les groupes de produits, pas seulement l’indice général.
- Vérifier la ville lorsque le HCP publie un indice territorial.
- Relier les prix à l’évolution réelle des revenus du foyer.
- Ne pas transformer une variation mensuelle en prévision pour les prochains mois.
Cette grille aide à distinguer une donnée utile d’une conclusion trop rapide. Le prochain relevé pourra confirmer, atténuer ou inverser le mouvement de juillet.
Une information économique, pas une promesse commerciale
Cet article sert à comprendre le Maroc contemporain et n’appelle aucune offre de voyage ou d’achat. Les données sont datées du 19 août 2026, date de publication du bulletin de juillet. Une décision budgétaire personnelle doit s’appuyer sur ses propres dépenses et sur les prochains relevés officiels.
Sources consultées
- Haut-Commissariat au Plan, « L’Indice des prix à la consommation du mois de juillet 2026 », 19 août 2026 : https://m.hcp.ma/L-Indice-des-prix-a-la-consommation-IPC-du-mois-de-Juillet-2026_a4344.html
- Haut-Commissariat au Plan, rubrique Indice des prix à la consommation, consultée le 23 août 2026 : https://www.hcp.ma/Actualite-Indices-des-prix-a-la-consommation-IPC_r349.html