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Anciens Abattoirs de Casablanca : ce que prévoit réellement le projet culturel

Casablanca prévoit de transformer ses anciens Abattoirs en institution culturelle. Les documents publics fixent une ambition, mais pas encore une ouverture vérifiée.

Par Rédaction LMOS
Architectes et artistes étudiant un projet dans une vaste halle industrielle historique de Casablanca

La Commune de Casablanca prévoit de réhabiliter les anciens Abattoirs du quartier Hay Mohammadi pour en faire une institution culturelle consacrée notamment aux arts urbains, aux arts vivants, à la rue et au cirque. Son Plan d’action 2023-2028 affiche un budget estimatif de 150 millions de dirhams. Ces éléments décrivent un projet public ; ils ne prouvent pas qu’un équipement rénové est déjà ouvert.

Cette distinction est essentielle. Une programmation financière, une décision communale et un chantier achevé sont trois étapes différentes.

Un patrimoine industriel devenu lieu de création

La page mémorielle de l’arrondissement de Hay Mohammadi associe le site à l’histoire industrielle et populaire de Casablanca. Elle indique une construction en 1922 et rappelle que les anciens Abattoirs ont accueilli ponctuellement spectacles, conférences et ateliers.

Le lieu est connu sous le nom de Fabrique culturelle. Sa valeur ne vient pas d’un décor industriel interchangeable, mais de son ancrage dans un quartier, de ses volumes architecturaux et des usages artistiques qui s’y sont développés.

Ce que dit le Plan d’action communal

Le Plan d’action de Casablanca 2023-2028 comporte une fiche dédiée à la restructuration de la Fabrique culturelle. Le document explique que l’ouverture aux artistes a cessé après la fin de la convention avec Casa-Mémoire en 2016 et fixe l’objectif d’en faire une institution de plein droit.

Les actions envisagées comprennent nettoyage, peinture, assainissement, éclairage, rénovation, programmation d’événements et définition d’une convention de gestion. Le texte prévoit aussi la sélection d’un opérateur et une évaluation régulière selon des indicateurs.

Un budget planifié, pas un coût final

La fiche affiche un budget estimatif de 150 millions de dirhams dans le cadre d’un partenariat public-privé. Sa répartition prévisionnelle indique 50 millions en 2024, 50 millions en 2025 et 50 millions en 2026.

Il s’agit d’une programmation inscrite dans un plan. Sans bilan d’exécution, marché attribué et réception documentée, on ne peut pas conclure que la totalité a été engagée, dépensée ou que les travaux correspondent exactement à ce calendrier.

La décision communale de novembre 2024

Lors d’une session extraordinaire en novembre 2024, le Conseil communal a adopté plusieurs projets pour renforcer l’offre touristique, culturelle et sportive de Casablanca. La restauration et la réhabilitation des anciens Abattoirs figurent dans cette liste.

Cette adoption confirme une orientation politique. Elle ne donne pas, à elle seule, une date d’ouverture, une programmation validée ou le nom définitif du gestionnaire. Toute annonce de visite doit attendre une publication opérationnelle récente.

Les objectifs culturels annoncés

Le Plan d’action veut faire revivre un espace de création et l’ouvrir à plusieurs disciplines : street art, arts vivants, arts de la rue et cirque. Il fixe des indicateurs cibles de 20 événements par an, 150 000 visiteurs par an et 10 activités.

Ces nombres sont des objectifs de résultat et d’impact, pas des fréquentations observées. Les présenter comme des réalisations fausserait l’état du projet. Leur intérêt est de rendre la future gestion mesurable si l’équipement entre en exploitation.

Une gouvernance encore déterminante

La Commune et la société de développement local Casa Events et Animation sont citées parmi les porteurs. Le ministère de la Jeunesse et de la Culture et le Conseil régional figurent parmi les partenaires envisagés.

La réussite dépendra de la convention de gestion, du modèle économique, de l’accès des artistes, de la maintenance et de la relation avec les habitants. Rénover un bâtiment ne suffit pas à créer durablement une institution culturelle.

Ne pas confondre deux sites

Les anciens Abattoirs de Hay Mohammadi, destinés au projet culturel, ne sont pas les abattoirs municipaux actifs de Casablanca à Sidi Othmane. Ces derniers remplissent une fonction sanitaire et économique distincte.

La précision évite une confusion fréquente dans les recherches et les cartes. Un lecteur qui cherche une future visite culturelle doit utiliser le nom « Fabrique culturelle des anciens Abattoirs » et vérifier l’adresse et le statut d’ouverture.

Ce que le projet peut changer pour Casablanca

Une réhabilitation bien conduite peut préserver un patrimoine du XXe siècle, donner des espaces de travail aux artistes et élargir l’offre culturelle hors des circuits les plus connus. Elle peut aussi renforcer la compréhension de Hay Mohammadi au-delà d’une visite rapide du centre-ville.

Mais l’attractivité touristique doit rester secondaire à la valeur locale : accès des habitants, programmation régulière, conditions de création et mémoire du site. C’est à cette échelle que le projet pourra être jugé.

Peut-on déjà organiser une visite ?

Au 23 août 2026, les documents publics consultés établissent le projet et ses objectifs, mais ne fournissent pas de calendrier opérationnel récent permettant à LMOS d’annoncer une ouverture permanente. Aucun billet, horaire ou activité ne doit donc être inventé.

Le hub LMOS de Casablanca apporte le contexte de destination. Il n’y a ici ni offre affiliée ni promesse de visite. Avant tout déplacement, il faut rechercher une annonce officielle datée de la Commune ou du futur gestionnaire.

Sources consultées