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Nador West Med : Diego Aponte souligne le rôle maritime renforcé du Maroc

Le lancement du terminal à conteneurs oriental de Nador West Med marque une première étape opérationnelle pour un complexe appelé à compléter Tanger Med et à renforcer le positionnement logistique, industriel et énergétique du Maroc.

Par Rédaction MOP
Illustration générique d’un terminal à conteneurs moderne avec quais, grues, navire sans marque et connexions terrestres.
Illustration éditoriale MOP.

Le prince héritier Moulay El Hassan a lancé, le 31 octobre 2026, les opérations du premier terminal à conteneurs du complexe industrialo-portuaire Nador West Med, situé à Iaâzzanène, dans la province de Nador. Cette cérémonie correspond au démarrage d’une première composante opérationnelle et non à l’achèvement de l’ensemble des terminaux, plateformes industrielles, liaisons de transport et installations énergétiques prévus sur le site.

Présent lors du lancement aux côtés d’autres responsables de MSC et de Terminal Investment Limited, le président du groupe MSC, Diego Aponte, a qualifié Nador West Med de projet majeur appelé à renforcer la position du Maroc en tant que hub maritime. Il a également présenté le début des opérations comme une étape importante pour son groupe, selon un compte rendu de Yabiladi fondé sur une dépêche de la MAP.

Un projet complémentaire de Tanger Med

Dans une déclaration datée du 28 octobre 2026, le Cabinet royal a indiqué que Nador West Med complète Tanger Med et renforce le positionnement logistique, industriel et énergétique du Maroc. L’appréciation de Diego Aponte sur le rôle maritime du nouveau port s’inscrit ainsi dans une orientation plus large, qui associe les activités portuaires aux composantes industrielles, logistiques et énergétiques du complexe.

L’ensemble de Nador West Med a mobilisé 54 milliards de dirhams d’investissements publics et privés dans ses différentes composantes, selon le Cabinet royal. Ce montant ne doit pas être confondu avec le seul investissement consacré au terminal oriental. Il traduit l’échelle globale du projet, tandis que l’ouverture du 31 octobre concerne précisément la mise en service de la première étape de ce terminal à conteneurs.

Une exploitation associant Marsa Maroc et le groupe MSC

Le terminal oriental est exploité dans le cadre d’une concession de 25 ans par West Med Container Terminal. Cette société est contrôlée par Marsa Maroc, qui détient 50 % du capital plus une action, tandis que Terminal Investment Limited, appartenant au groupe MSC, possède 50 % moins une action. Cette structure place donc l’exploitation sous le contrôle de Marsa Maroc tout en associant directement l’opérateur lié à MSC.

Le terminal représente un investissement d’environ 5 milliards de dirhams, soit près de 480 millions d’euros, et son développement est organisé par phases. Cette progression explique pourquoi le lancement opérationnel ne signifie pas que toute la configuration définitive est déjà achevée. Les documents disponibles ont par ailleurs fait évoluer le calendrier, avant que la première phase ne soit officiellement lancée à la fin d’octobre 2026.

Des infrastructures dimensionnées pour les grands porte-conteneurs

Dans sa configuration complète prévue, le terminal oriental doit disposer de 1 520 mètres de quai, d’un tirant d’eau de 18 mètres et de 70 hectares de terre-pleins destinés aux conteneurs. Il est conçu pour recevoir des navires transportant jusqu’à 24 000 équivalents vingt pieds, ce qui situe clairement l’ambition technique de l’installation, même si son déploiement demeure progressif.

Le Cabinet royal attribue au terminal une capacité annuelle finale de 3,5 millions de conteneurs. Des documents officiels et d’entreprise ont toutefois arrondi cette capacité ultime à 3,4 ou 3,5 millions d’EVP. La valeur de 3,5 millions doit donc être comprise comme le chiffre communiqué par le Cabinet royal, plutôt que comme une mesure indépendante définitivement stabilisée entre toutes les sources disponibles.

Un deuxième terminal attendu en avril 2027

La prochaine étape annoncée est l’entrée en service, en avril 2027, d’un second terminal à conteneurs situé à l’ouest. Sa capacité annuelle prévue est de 1,8 million d’EVP. Attribuée au partenariat entre Marsa Maroc et CMA CGM, cette installation doit comprendre 900 mètres de quai et 38 hectares de terre-pleins, pour un investissement évalué à environ 3 milliards de dirhams.

Pris ensemble, les deux premiers terminaux à conteneurs devraient mobiliser 8 milliards de dirhams d’investissements privés, selon le Cabinet royal. Le calendrier d’avril 2027, la capacité annoncée et la configuration du terminal occidental restent néanmoins des éléments prospectifs. Ils décrivent la phase suivante du projet telle qu’elle est planifiée, et devront être distingués des opérations effectivement lancées au terminal oriental le 31 octobre 2026.

Connexions terrestres, énergie et retombées locales

Les connexions terrestres planifiées comprennent une liaison ferroviaire de 49 kilomètres entre Selouane et Nador West Med, ainsi qu’une connexion autoroutière de 105 kilomètres depuis Guercif. Le volet énergétique prévoit aussi un terminal d’hydrocarbures soutenu par un potentiel de stockage de 4 millions de mètres cubes et un terminal de gaz naturel liquéfié capable de traiter jusqu’à 5 milliards de mètres cubes par an.

Ces infrastructures de transport et d’énergie demeurent des composantes annoncées du projet et ne doivent pas être présentées comme toutes achevées au moment du lancement du premier terminal. Le roi Mohammed VI a demandé que les bénéfices économiques et sociaux des projets atteignent les provinces environnantes et que des programmes de formation adaptés aux nouvelles activités soutiennent l’emploi des jeunes. Leur réalisation concrète restera donc un point à suivre.

Sources consultées