Finale amère : le Maroc, le miroir, et la nuit où l’Afrique s’est fissurée

Finale amère : le Maroc, le miroir, et la nuit où l’Afrique s’est fissurée 🇲🇦⚽



Il y a des nuits où le football ne ressemble plus au football.

Il devient une chambre pleine de souvenirs.

Il devient un pays entier assis devant une lumière bleue,

les mains serrées,

le cœur suspendu,

comme si l’avenir allait tomber du ciel au coup de sifflet final.

Ce soir, la Coupe d’Afrique s’est terminée.

Et elle s’est terminée dans un goût amer.

Pas un goût amer à cause des stades.

Pas à cause des routes.

Pas à cause des terrains.

Pas à cause de l’accueil.

Non.

Ce goût amer est venu d’ailleurs.

Il est venu d’un endroit plus profond.

Un endroit où l’on ne parle pas de sport, mais de regard.

Un endroit où l’on ne parle pas de buts, mais de dignité.


Le Maroc a ouvert ses portes comme on ouvre une maison

Le Maroc a organisé cette Coupe comme on prépare un mariage.

Avec soin.

Avec fierté.

Avec cette obsession douce de ne pas décevoir.

On a mis les lumières au bon endroit.

On a préparé les stades comme on prépare une table.

On a accueilli les délégations comme on accueille des invités lointains.

Il y avait dans l’air quelque chose de noble :

le désir de montrer que l’Afrique peut offrir au monde une fête grande, propre, forte.

Le Maroc voulait élever le niveau.

Pas pour écraser.

Pas pour humilier.

Mais pour tirer vers le haut.

Car il y a une chose que les Marocains savent :

quand on progresse seul, on se fatigue.

Mais quand on progresse ensemble, on grandit.


Mais l’Afrique n’a pas toujours aimé ce qu’elle a vu

Le Maroc n’a pas seulement organisé une CAN.

Il a posé un miroir.

Un miroir clair.

Un miroir sans maquillage.

Un miroir qui ne raconte pas d’histoires.

Un miroir qui dit simplement :

Regardez ce que l’on peut devenir.

Et parfois, le miroir fait peur.

Parce qu’il renvoie une image trop nette.

Parce qu’il oblige à se comparer.

Parce qu’il met en évidence l’écart.

Le Maroc a tellement avancé…

qu’il a rappelé aux autres qu’ils n’avaient pas bougé.

Et ce rappel là, certains ne l’ont pas supporté.

Alors ils ont détourné les yeux.

Et quand on détourne les yeux, on invente des raisons.


La rumeur : cette poussière qu’on jette sur ce qui brille

Il y a des gens qui ne supportent pas la lumière.

Pas parce qu’elle les aveugle.

Mais parce qu’elle révèle leur ombre.

Alors ils font ce que font les âmes fatiguées :

ils salissent.

Ils disent :

“Mauvais terrains.”

“Mauvaise organisation.”

“Triche.”

“Corruption.”

“Manipulation.”

Ils le disent avec assurance,

comme si l’assurance était une preuve.

Ils le répètent,

comme si la répétition pouvait transformer le mensonge en vérité.

Et les médias, parfois, aiment ces choses là.

Parce que la vérité est lente,

mais la rumeur court vite.

La vérité demande du silence.

La rumeur, elle, se nourrit du bruit.

Et ce bruit…

ce bruit a accompagné cette CAN comme un insecte autour d’une lampe.


Le pire n’est pas l’accusation… c’est l’intention

Ce n’est pas seulement ce qui a été dit qui fait mal.

C’est pourquoi cela a été dit.

Car au fond, ces accusations ne parlaient pas du football.

Elles parlaient d’un refus.

Refus d’admettre que le Maroc a grandi.

Refus de reconnaître qu’il a travaillé.

Refus d’accepter qu’il est devenu un modèle possible.

Ce n’était pas une critique sportive.

C’était une tentative de casser une image.

Comme si certains se disaient :

si nous ne pouvons pas rattraper le Maroc, alors nous allons le ralentir.


Et puis il y a eu la blessure la plus intime

On peut supporter les attaques de loin.

On s’y attend.

Mais quand le coup vient de près,

il traverse la peau.

Le pire dans cette histoire,

c’est que les coups de poignard sont venus aussi de certains pays proches.

Ceux que l’on croyait frères.

Ceux avec qui l’on partageait des chansons, des souvenirs, des routes.

Mais la fraternité n’est pas une phrase.

La fraternité n’est pas un discours.

La fraternité est une preuve.

Et parfois, on découvre qu’on aimait plus que l’on était aimé.

On découvre qu’on a donné plus que l’on a reçu.

On découvre que certains sourires étaient des portes fermées.


Le Sénégal a gagné… et nous avons perdu autre chose qu’un match

Le Sénégal a gagné la Coupe.

Et dans le sport, on respecte la victoire.

On la salue.

On la reconnaît.

Mais cette finale a laissé une autre douleur, plus étrange.

On a entendu cette phrase :

“Les Marocains vivant au Sénégal ont remercié Allah d’avoir la vie sauve.”

Et là, quelque chose s’est brisé.

Parce que ce n’est pas normal.

Ce n’est pas humain.

Ce n’est pas le sport.

Une finale devrait être une fête.

Pas une menace.

Une victoire devrait être une joie.

Pas un prétexte à faire peur.

Et quand un simple match oblige des gens à remercier le Seigneur d’être encore en sécurité,

cela signifie que le problème n’est plus le ballon.

Le problème est ailleurs.


Le Maroc voulait une CAN pour grandir ensemble

Le Maroc voulait organiser la meilleure CAN de l’histoire.

Pas pour se vanter.

Mais pour inspirer.

Le Maroc voulait que l’Afrique soit fière d’elle-même.

Que l’Afrique dise au monde :

nous savons faire.

Mais il a découvert une vérité difficile :

il est compliqué de faire avancer une fête

quand certains préfèrent la jalousie à la joie.

Il est difficile de changer des mentalités encore ancrées dans les années 90,

où l’on croit que le progrès d’un voisin est une menace.

Alors qu’il devrait être une chance.


La défaite du Maroc : un chagrin… mais pas une humiliation

Oui, le Maroc a perdu la finale.

Et la douleur est réelle.

Parce qu’on l’avait presque touchée.

Parce qu’on l’avait presque tenue.

Parce que tout un peuple s’était mis debout dans son cœur.

Mais perdre n’est pas être petit.

Perdre n’est pas être faible.

Perdre, parfois, c’est simplement tomber à la dernière marche.

Et tomber à la dernière marche signifie une chose :

on est arrivé très haut.

Le Maroc n’a pas perdu son organisation.

Il n’a pas perdu ses stades.

Il n’a pas perdu sa progression.

Il n’a pas perdu sa dignité.

Il a perdu un match.

Pas sa trajectoire.


Ce soir, le Maroc a compris quelque chose

Ce soir, le Maroc a compris que le progrès ne suffit pas.

Qu’il faut aussi apprendre à porter le progrès.

Car la réussite attire des applaudissements…

mais elle attire aussi des pierres.

Et dans cette CAN, le Maroc a vu les deux.

Il a vu les peuples sincères, venus avec joie.

Il a vu les supporters qui ont célébré le football.

Il a vu la beauté du continent.

Mais il a vu aussi le venin.

Le venin de ceux qui préfèrent détruire plutôt que construire.


Encadré : Ce que cette finale nous laisse

✔ Une fierté immense d’avoir accueilli l’Afrique avec dignité.

✔ Une tristesse profonde face aux accusations et à la rumeur.

✔ Une blessure intime : la trahison ressentie venant de certains proches.

✔ Une certitude : le Maroc avance, même quand on le critique.

✔ Une leçon : le progrès dérange ceux qui refusent d’évoluer.


Conclusion : le Maroc ouvre ses portes… même quand le monde crie

Le Maroc a ouvert ses portes.

Il a donné le meilleur.

Il a voulu l’union.

Il a voulu l’honneur.

Et il a découvert que certains préfèrent la division.

Mais le Maroc restera le Maroc.

Un pays qui avance.

Un pays qui construit.

Un pays qui accueille.

Et même blessé, il garde cette chose rare :

la dignité silencieuse.

© LeMarocOuvreSesPortes.com

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