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À Fuzhou, le Maroc met en avant son approche de la rénovation urbaine

Lors de la Journée mondiale des villes 2026 à Fuzhou, le Maroc a présenté une approche préventive, participative et adaptée aux réalités locales de la rénovation urbaine.

Par Rédaction MOP
Illustration générique d’un projet participatif de rénovation urbaine dans un quartier d’inspiration marocaine.
Illustration éditoriale MOP.

L’expérience marocaine en matière de rénovation urbaine a été présentée à Fuzhou, en Chine, dans le cadre du programme de la Journée mondiale des villes 2026. Cette participation a offert au Maroc un espace international pour exposer les principes de son intervention sur les tissus urbains et les bâtiments menaçant ruine, tout en inscrivant cette expérience dans les discussions consacrées à l’amélioration des conditions de logement et à la régénération des villes.

La chronologie de la rencontre distingue deux temps complémentaires. La célébration mondiale s’est tenue le 31 octobre 2026, avant des forums thématiques organisés le 1er novembre. L’édition avait pour thème « Régénérer la ville : un logement convenable pour tous ». Ce cadre reliait ainsi les échanges sur la rénovation urbaine aux enjeux de logement, de gouvernance, de planification et de mise en œuvre abordés pendant le rassemblement de Fuzhou.

De la réaction à la prévention des risques

Azhar Ktitou, directrice générale de l’Agence nationale pour la rénovation urbaine et la réhabilitation des bâtiments menaçant ruine, figurait parmi les intervenants du forum consacré à la planification urbaine, à la gouvernance et à la mise en œuvre d’un logement convenable. Son intervention a porté sur l’approche marocaine de la rénovation urbaine et sur le traitement des constructions présentant des risques d’effondrement, selon le compte rendu relayé par la MAP.

L’approche présentée repose sur une évolution d’une réponse essentiellement curative vers une démarche donnant davantage de place à l’anticipation. Elle privilégie l’identification précoce des risques ainsi que la programmation des opérations de sécurisation et de réhabilitation. Cette orientation permet de comprendre la rénovation urbaine non comme une succession d’interventions isolées, mais comme un processus intégré associant prévention, planification et amélioration durable des conditions de vie dans les espaces concernés.

Un cadre juridique et une coordination institutionnelle

Cette démarche s’appuie notamment sur la loi 94-12, qui encadre les bâtiments menaçant ruine, les opérations de rénovation urbaine et l’agence nationale compétente dans ce domaine. Son article 22 précise que le plan de rénovation urbaine vise la valorisation de l’espace urbain et l’amélioration des conditions de vie et d’habitat. Il prévoit notamment la réhabilitation du tissu bâti ainsi que la préservation du patrimoine architectural et urbain.

Dans ce dispositif, l’ANRUR assume un rôle de coordination entre les acteurs institutionnels et territoriaux. Elle accompagne également les collectivités locales dans la préparation de projets de rénovation urbaine tenant compte des caractéristiques propres à chaque territoire. Cette fonction d’appui met en relation le cadre national, les responsabilités locales et les réalités du terrain, afin que les interventions puissent répondre aux besoins constatés plutôt qu’appliquer une solution uniforme à des situations différentes.

Associer les habitants aux projets

La présentation marocaine a aussi souligné l’importance d’impliquer les habitants et les organisations de la société civile dès les phases de diagnostic et de conception des projets. Cette participation doit être accompagnée de mécanismes de soutien social destinés aux populations concernées. L’objectif est d’intégrer les personnes directement touchées au processus de rénovation, au lieu de limiter celui-ci à ses seules dimensions techniques, foncières, architecturales ou administratives.

Cette dimension participative répond à des contraintes de mise en œuvre clairement identifiées. Les opérations peuvent être confrontées à des situations foncières complexes, à la présence de plusieurs propriétaires et intervenants institutionnels, aux besoins de relogement ou encore aux capacités financières des ménages. Ces difficultés expliquent la nécessité de solutions différenciées, élaborées en fonction des caractéristiques de chaque territoire et accompagnées de dispositifs adaptés aux populations affectées par les transformations envisagées.

Une convergence avec les priorités internationales

L’expérience exposée par le Maroc rejoint l’orientation générale donnée par ONU-Habitat à la rencontre de Fuzhou. L’organisation a placé la régénération centrée sur les personnes au cœur des discussions, avec une attention particulière au logement convenable, à son accessibilité financière, à la protection des communautés déjà établies et aux garanties contre les déplacements. La participation des habitants et l’accompagnement social présentés par la partie marocaine s’inscrivent directement dans ce champ de réflexion.

Le rassemblement a réuni des responsables chargés du logement, du développement urbain et des travaux publics. Les échanges ont porté sur la planification, la gouvernance, le financement et l’application du Nouvel Agenda urbain. Dans cet environnement, la contribution marocaine a apporté un éclairage institutionnel sur la prévention des risques, la réhabilitation du bâti et l’adaptation des projets aux territoires, tout en reliant ces éléments à l’objectif plus large d’amélioration des conditions d’habitat.

La portée exacte de la présentation marocaine

Les éléments disponibles documentent la présentation d’une approche marocaine existante, fondée sur la loi 94-12, l’action de l’ANRUR et une évolution vers l’intervention précoce. Ils ne décrivent pas le lancement d’un nouveau programme, l’ouverture d’un financement, la conclusion d’un accord bilatéral ou une modification réglementaire. La portée immédiate de la participation réside donc dans le partage d’une expérience institutionnelle lors d’un forum international consacré à la régénération urbaine et au logement.

Le message porté à Fuzhou met finalement en relation plusieurs composantes complémentaires : la prévention des risques, la réhabilitation planifiée, la coordination des acteurs, la participation des habitants et l’adaptation aux réalités territoriales. Selon l’approche présentée, la rénovation urbaine doit contribuer à de meilleures conditions de vie et à une résilience urbaine renforcée. L’intervention marocaine a ainsi montré comment un cadre national peut nourrir les discussions internationales sur des villes plus inclusives et mieux préparées.

Sources consultées