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En Chine, une recherche marocaine sur l’argan reçoit deux distinctions

Une équipe de l’Université Mohammed V a reçu deux distinctions en Chine pour des travaux expérimentaux consacrés à la valorisation du tourteau d’argan dans la production de pain.

Par Rédaction MOP
Illustration générique de tourteau d’argan, de farine et de pains expérimentaux dans un environnement de recherche.
Illustration éditoriale MOP.

Une équipe de recherche de l’Université Mohammed V a reçu deux distinctions lors du Sommet mondial des jeunes scientifiques 2026, organisé à Wenzhou, dans la province chinoise du Zhejiang, selon Maroc.ma. Cette reconnaissance concerne des travaux sur la valorisation du tourteau issu de la production d’huile d’argan dans l’innovation alimentaire. Elle met en avant une recherche universitaire marocaine portant sur la transformation expérimentale d’un sous-produit de l’argan en ingrédient destiné à des formulations de pain.

Maroc.ma attribue le prix du meilleur article scientifique à Badr Eddine Kartah, Asma El Kaourat et Hanae El Monfalouti, ainsi que celui de la meilleure présentation orale à Kartah. Les sources chinoises consultées confirment la participation de ce dernier, son rattachement à la Faculté des sciences de l’Université Mohammed V et son intervention sur le tourteau d’argan et l’innovation alimentaire. Elles ne fournissent toutefois pas, dans les éléments disponibles, une liste indépendante des lauréats de ces deux catégories.

Un sommet consacré aux jeunes chercheurs

Les principales activités du sommet se sont déroulées les 24 et 25 octobre 2026 à Wenzhou. D’après la présentation chinoise de l’événement, près de 800 participants venus de plus de 60 pays et régions y ont pris part. Ces données situent la présentation marocaine dans une rencontre scientifique internationale d’ampleur, sans apporter pour autant de confirmation supplémentaire sur les catégories de prix rapportées par la source marocaine.

Le sommet avait pour thème « Rassembler les talents du monde entier pour créer un avenir meilleur ». Son programme mettait l’accent sur l’innovation portée par les jeunes et sur la coopération internationale. La présence du projet marocain s’inscrit dans cette orientation générale : les travaux présentés cherchent à explorer une nouvelle utilisation alimentaire d’un résidu de la filière de l’huile d’argan, mais ils demeurent au stade de la recherche expérimentale décrite dans l’article scientifique.

Ce que l’étude scientifique a réellement testé

Les travaux distingués s’appuient sur un article évalué par les pairs intitulé « Pre-Treatment Effects on Chemico-Physical Characteristics of Argan Press Cake Used for Bread Production ». Publié dans la revue Foods le 10 avril 2025, il est signé par Asma El Kaourat, Hasnae Choukri, Badr Eddine Kartah, Ahmed Snoussi, Giuseppe Zeppa, Aouatif Benali, Mouna Taghouti et Hanae El Monfalouti. L’article étudie une méthode précise de prétraitement et son utilisation dans des pains expérimentaux.

Les chercheurs ont soumis le tourteau d’argan à deux procédés distincts afin de réduire sa teneur en saponines. Le premier reposait sur une solution chaude d’acide citrique, tandis que le second utilisait de l’eau distillée chaude. Les matériaux ainsi traités ont ensuite été incorporés à de la farine complète, en remplacement d’une partie de celle-ci, pour comparer leurs caractéristiques dans des formulations contrôlées de pain.

Quatre niveaux de substitution ont été évalués : 5 %, 10 %, 15 % et 20 % de tourteau d’argan traité dans les farines composites. Ce protocole permettait d’observer l’évolution des propriétés selon la proportion ajoutée, mais il ne signifie pas que tous les niveaux aient produit des résultats équivalents. L’étude porte sur ces formulations expérimentales particulières et ne démontre ni disponibilité commerciale, ni adoption industrielle, ni bénéfice clinique chez les consommateurs.

Des résultats nutritionnels et technologiques encadrés

L’article indique que les deux traitements ont réduit de manière significative la teneur en saponines, tout en maintenant une qualité nutritionnelle comparable à celle du tourteau d’argan non traité. Les auteurs rapportent également une diminution de 50 % des niveaux d’acide phytique après traitement. Ces résultats décrivent les effets mesurés des procédés appliqués au matériau étudié ; ils ne constituent pas, à eux seuls, la preuve d’un effet sanitaire chez des personnes consommant du pain.

L’augmentation de la proportion de tourteau traité a aussi accru la teneur en protéines des farines composites, selon une progression liée au niveau de substitution. Pour les propriétés technologiques du pain, les effets positifs rapportés concernent des taux allant jusqu’à 10 %. Les données disponibles ne permettent donc pas d’étendre automatiquement cette conclusion aux formulations à 15 % ou 20 %, même si ces niveaux faisaient partie du protocole expérimental.

Une piste de valorisation, pas encore un produit commercial

Les auteurs présentent leur démarche comme une méthode potentielle d’enrichissement nutritionnel et de réutilisation d’un sous-produit de l’huile d’argan. Cette formulation est importante pour interpréter la portée des travaux : l’étude examine la faisabilité de traitements et de recettes expérimentales, sans établir l’existence d’un pain vendu au public. Elle ne fournit pas davantage de preuve d’une demande commerciale, d’une autorisation réglementaire, d’une adoption industrielle ou d’un calendrier de lancement.

Maroc.ma indique par ailleurs que la recherche a abouti à un brevet marocain enregistré auprès de l’OMPIC. Les informations accessibles ne comprennent cependant ni numéro de demande ou de publication, ni date de dépôt, ni texte des revendications. L’existence et la portée exacte du brevet ne peuvent donc pas être examinées plus précisément à partir du dossier disponible, et la mention d’un enregistrement ne doit pas être assimilée à une commercialisation du procédé.

Les éléments qui restent à confirmer

La double distinction repose actuellement sur le compte rendu de Maroc.ma, tandis que les sources chinoises disponibles corroborent surtout la présence de Badr Eddine Kartah et le thème de son intervention. Une liste officielle des lauréats ou des certificats nominatifs permettrait de confirmer séparément les catégories du meilleur article scientifique et de la meilleure présentation orale, ainsi que les noms associés au premier prix. Cette réserve n’affecte pas l’existence de l’article scientifique publié en 2025.

Les prochaines informations déterminantes concerneraient l’identifiant du brevet annoncé et d’éventuelles étapes au-delà du laboratoire. Des éléments sur une production pilote, une évaluation réglementaire, une adoption industrielle ou une mise sur le marché seraient nécessaires avant de présenter cette recherche comme une innovation alimentaire disponible. À ce stade, les faits établissent deux distinctions rapportées, une participation confirmée à Wenzhou et des résultats expérimentaux prometteurs, mais précisément circonscrits par le protocole de l’étude.

Sources consultées